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# Ambre, dix ans d'obsession pour le Cambodge
- URL: https://riel-media.com/fr/tourisme-vie/ambre-dix-ans-dobsession-pour-le-cambodge/
- Published: 2026-10-14T12:05:06.000Z
- Updated: 2026-10-16T04:22:27.000Z
- Author: Partenaire Presse
- Tags: #format-portrait, #lang-fr, Tourisme & Vie, #pair-ambrebungalow

*À 26 ans, Ambre vit sur une plage isolée de Koh Rong, où elle participe à la gestion de bungalows. Originaire de Bretagne, elle a découvert le Cambodge à l'adolescence et n'a jamais cessé de vouloir y revenir. Dix ans plus tard, après des études à Phnom Penh, elle a choisi de s'installer sur l'île. Son parcours raconte un attachement au pays qui s'est construit au fil des rencontres, jusqu'à faire du Cambodge son chez-soi.*

Ambre est une française de 26 ans qui vit à Lonely Beach, au bout d’un chemin cabossé, parfois difficilement praticable qui serpente à travers la végétation avant de soudainement se jeter sur une allée de palmiers. 

A l’arrivée, le décor tranche avec la rudesse du trajet : une étendue de sable blanc où l’eau se teinte d’une transparence turquoise saisissante, avec toutes les contraintes logistiques que l’isolement implique. Ambre raconte le prolongement naturel d’une histoire commencée ailleurs, avant d’atteindre cette plage reculée.

Cette cambodian story est singulière mais résonnera certainement avec de nombreux cœurs ayant élu le Cambodge comme leur terre d’accueil. Le récit proposé est celui d’une française qui s’est installée ici pour écrire un chapitre de sa vie. Elle nous raconte comment elle a forcé sa rencontre avec le Cambodge il y a une dizaine d’années; pourquoi l’idée de retourner y vivre, s’est naturellement installée. 

Expatriée ici depuis trois ans et demi, elle est de ceux pour qui le Cambodge est devenu plus qu’une terre ou séjourner, mais un chez soi. Loin de sa Bretagne et ses proches, elle a plongé dans une nouvelle culture sculptée de codes différents de ceux dans lesquels elle a baigné durant toute sa jeunesse. Plonger dans histoire c’est se demander qu’est-ce qui fait qu’on se sent chez soi ? Et particulièrement, comment le Cambodge a séduit de nombreux étrangers à s'y installer ? 

### Le Cambodge, une obsession née à 15 ans

Il est des êtres têtus, parfois guidés par des motifs qui les dépassent eux-mêmes. Ils foncent, la tête baissée mais animée d'idées et projets à réaliser. Ambre en fait partie, le Cambodge est apparu très tôt comme une obsession. Ce n’est pas la vie qui l’a mis de façon hasardeuse sur la route du Cambodge. 

C’est son entêtement, son intuition et sa détermination qui l’ont guidée jusqu’ici. A Lonely Beach, sur l'île de Koh Rong, où elle est désormais fondatrice et dirigeante de bungalows. Ambre a développé un intérêt manifeste pour le pays à l'adolescence. Après avoir eu l'occasion de voyager sur divers continents, elle commence à nourrir une affection particulière pour le Cambodge avant même d’y avoir mis les pieds.

La première fois qu’elle s’y rend, elle a 15 ans et, chose rare pour son age, c’est à son initiative. Lors d’un voyage en Thaïlande avec ses parents, elle se lie d’amitié avec les employés cambodgiens de l'hôtel au sein duquel elle séjourne à Koh Kood. Leurs histoires éveillent en elle le profond désir de le découvrir. Ainsi son attachement pour le Cambodge naît, sur les plages d’une île thaïlandaise. 

Une année durant, Ambre fait une fixette sur le pays et décide de tout mettre tout en œuvre pour convaincre ses parents de le découvrir lors de leur prochain voyage. Sa détermination se matérialise par une campagne massive de promotion du pays auprès de sa famille. Elle colle des post-it de partout dans la maison et assène ses parents de passer leurs vacances au Cambodge l'année suivante. Ils finissent par craquer et s’y rendent. 

On pourrait penser que ce fantasme longuement nourri aurait été une déception, qu'à force d’y songer, elle serait déçue. Il n’en est rien. Ambre adore le pays sous toutes ses coutures: la nourriture, les paysages, les cambodgiens. Absolument tout lui plaît, le pays il se place encore au-dessus de ses attentes une fois visité. Tellement au-dessus que son départ lui est difficile. 

Une fois rentrée en France, elle ne quitte toujours pas complètement le Cambodge. Ambre reste profondément marquée par son expérience et les rencontres qu’elle a faites. Elle commence même à apprendre à le khmer en autodidacte avec la méthode Assimil. 

Dix ans après, Ambre raconte encore avec beaucoup d’enthousiasme ses premières foulées au Cambodge et pourquoi c’est cet endroit qui l’a touchée en particulier. Plus authentique, plus accessible, plus proche des gens. Deux ans après sa première venue, elle décide d’y revenir le plus vite possible: a 17 ans en disant simplement à ses parents : ‘’Soit vous me laissez partir maintenant et je reviens. Soit je partirai seule à 18 ans et je ne reviendrai pas’’.

Face à cet ultimatum, ses parents acceptent et elle retourne passer quelques semaines auprès des rencontres qu' elle avait effectuées durant son premier séjour. Elle est contrainte de rentrer en France pour passer son bac et commencer ses études supérieures. Au fond, le Cambodge ne quitte jamais vraiment son esprit.

### Un refus universitaire qui ne l'arrête pas

Un jour, le déclic. Alors qu’elle redouble sa licence, elle découvre un double-master franco-cambodgien en droit des affaires euro-asiatiques. Cette perspective incarne pour elle une façon d'expérimenter le pays tout en ayant la garantie d’un master également reconnu en France. Elle monte rigoureusement son dossier mais c’est la douche froide, il est refusé. Ce refus n'arrête pas Ambre, qui est persuadée de la bonne décision que représente son départ. 

Elle part tout de même, trouve un contrat court en ONG et décide de postuler à nouveau au master sur place. À ce moment, elle découvre le pays quotidiennement. Avant les habitudes, vient l’acclimatation. Phnom Penh est une ville agitée, tout le temps, partout. Au début, sortir seule dans la rue ou au marché est challengeant. 

Elle se questionne sur la raison véritable de sa venue, si elle a fait le bon choix car découvrir un pays et y vivre sont deux choses bien distinctes. Puis tout se met à glisser, elle perfectionne son khmer grâce à son expérience en ONG. Le sujet du Master revient. Vantant le fait d'être déjà au Cambodge et son attrait pour le pays auprès de l’Université, ses efforts finissent par payer. La vie d’Ambre au Cambodge est officiellement lancée. 

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Photo: The bungalow géré par Ambre, photographie par Léa Sannier, auteur de Cambodian Stories.

### De Phnom Penh aux plages de Koh Rong

Les mois s'enchaînent et l’enthousiasme ne cesse de croître. Pour Ambre, la question de rentrer en France ne se pose pas. Lorsqu’elle doit réaliser son stage de fin d'études, elle trouve intentionnellement une expérience en distanciel avec des perspectives d’embauche. En distanciel car la vie en ville la fatigue, régulièrement elle songe à s'installer à la campagne, s’affranchir du rythme urbain de la capitale, où elle ne se projetait plus. 

Quitter cet environnement un peu trop aseptisé pour retrouver cette campagne natale. Ambre rencontre l’amour au Cambodge et ce dernier est basé sur les îles. La décision pour elle de partir le rejoindre durant son stage se prend naturellement. Après deux années en ville, elle est ravie de rejoindre cette île pour trouver un rythme de vie complètement différent. 

En déménageant à Koh Rong, Ambre ne cherche pas qu’un changement de décor sinon un ancrage. Lassée du va-et-vient constant des expatriés à Phnom Penh, elle se tourne vers une autre manière d’habiter le Cambodge, plus stable, plus enracinée, auprès des habitants. 

### À Koh Rong, trouver sa place

Sur l’île, le temps s’étire différemment. Ambre découvre un quotidien rythmé par les habitudes khmères, une hospitalité plus directe, plus simple aussi. Déjà à l’aise en khmer, elle s’intègre rapidement et trouve sa place auprès des habitants du village voisin, qui l’acceptent naturellement. 

Cette proximité nourrit un sentiment d’appartenance qu’elle n’avait jusque-là qu'effleurer. Lorsque le projet démarre début 2024, le terrain est encore vierge. Peu à peu, tout se construit : aménagement du sol, creusement d’un puits, puis les bungalows sortent du sable. 

En quelques mois seulement, Lily’s Bungalows prend forme. Ambre rejoint le projet alors qu’il vient d'être lancé, au cœur de la saison des pluies. Un timing choisi, qui lui permet de terminer sereinement son stage avant la saison haute. Elle effectue sa plongée dans l’univers de l’hospitalité, accueillant des touristes souvent encore étrangers aux codes du pays. Le contraste est fort, parfois difficile pour elle de composer quotidiennement avec des personnes de court-passage. 

Au-delà de Koh Rong, Phnom Penh, son master ou son emploi, ce qui ancre véritablement Ambre, ce sont les liens qu’elle tisse. Ce qu’elle recherche avant tout, ce sont ces moments partagés avec les Cambodgiens : les visites au village, les mariages, les soirées karaoké, ces instants simples de sociabilité. C’est dans cette chaleur quotidienne, dans ces échanges spontanés, qu’Ambre trouve sa place, et finit par se sentir, pleinement, chez elle.

*Cambodian Stories, fondée par Pauline Reina et Léa Sannier, est une initiative consacrée aux histoires humaines qui façonnent le Cambodge. À travers des rencontres et des témoignages, elle cherche à donner la parole à celles et ceux dont les parcours, les expériences et les engagements permettent de découvrir le pays sous un autre regard. En mettant l'humain au centre de ses récits, Cambodian Stories invite à dépasser les idées reçues et à découvrir la diversité des trajectoires individuelles qui composent la société cambodgienne.*